30 sept. 2010

Septembre s'en va...



 "ah ! Que ce dernier jour de septembre est donc beau !
Ma tristesse sourit. Elle qu'avril offusque,
se laisse décider par l'automne, moins brusque."
Cyrano de Bergerac, acte V sc 4
Edmond Rostand


Mucha. Septembre

Mucha. Automne

27 sept. 2010

Sonnet pour Sarah


Sarah Bernhardt  
dans la Princesse Lointaine, d'E. Rostand

***

En ce temps sans beauté, seule encor tu nous restes,
Sachant descendre , pâle, un grand escalier clair,
Ceindre un bandeau, porter un lis, brandir un fer,
Reine de l'attitude et princesse des gestes.

En ce temps sans folie, ardente, tu protestes !
Tu dis des vers. Tu meurs d'amour. Ton vol se perd.
Tu tends des bras de rêve, et puis des bras de chair.
Et, quand Phèdre paraît, nous sommes tous incestes.

Avide de souffrir, tu t'ajoutas des coeurs ;
Nous avons vu couler - car ils coulent, tes pleurs ! -
Toutes les larmes de nos âmes sur tes joues.

Mais aussi tu sais bien, Sarah, que quelquefois
Tu sens furtivement se poser, quand tu joues,
Les lèvres de Shakespeare aux bagues de tes doigts ! 

Edmond Rostand

 
Clairin : Sarah Bernhardt dans le rôle de Mélisande
 

21 sept. 2010

Life on Mars ?


Une version "frissons", sobre et sensible d'un grand classique de Bowie,
loin des paillettes et des maquillages outranciers de la version originale ( ICI)




18 sept. 2010

Cuir de Russie, Chanel

 



Elle m’a aimé dès qu’elle m’a vue. La douceur de ma peau, mon parfum, mon allure, a-t-elle dit. De ce jour, elle ne m’a plus lâché. Je passais mon temps à son bras, ou serré contre elle. Elle me confiait tous ses trésors, papiers, argent, maquillage, parfum.
Elle avait une façon de me caresser, du bout des doigts…elle semblait émerveillée à chaque fois. Elle me reniflait à plein nez, seulement quand nous étions seuls…cela ne se fait pas en public.
J’étais son rêve, disait-elle. Son rêve réalisé.
Un jour, son flacon de parfum mal rebouché s’est déversé dans une de mes poches ! "Au moins, tout le monde saura que je suis là !", a-t-elle seulement dit. Je suis à jamais resté imprégné de son parfum. Une autre fois, c’est son poudrier qui s’est renversé…j’en ai gardé les effluves senteur d’iris. Une autre fois encore, elle oublia de refermer son étui à rouge à lèvres : j’en suis resté barbouillé pendant des années et en garde des stigmates odorants. Et ne parlons pas de son tabac ambré vanillé qui s’échappait régulièrement de son étui !

Cinquante ans avec elle, ce n’est pas rien. Jusqu’à la fin, je suis resté près d’elle, même pour son dernier voyage. Elle m’a réclamé : elle désirait revoir une petite médaille qu’elle m’avait confié, s’imprégner une dernière fois de mon odeur. Puis ce fut la fin.

Sa fille, qui ne m’avait jamais aimé, ne comprenant pas l’engouement de sa mère pour moi,  et détestant mon parfum qui "cocottait" et mon allure vieillote, m’a laissé dans mon coin et m’y a oublié, longtemps, ne se souvenant de moi que pour mieux me délaisser. Longtemps.

Puis "elle" est arrivée dans ma vie. Jeune, belle, souriante. Le portrait de sa grand-mère. Elle cherchait une robe ancienne dans la chambre, elle m’a trouvé. Je me suis senti vieux et avachi, et pour elle je voulais être de nouveau jeune et beau, la peau lisse, le parfum d’antan.
Mais cela n’a pas eu l’air de la gêner. Elle a touché ma peau marquée par les ans et les caresses, m’a examiné sous toutes les coutures, ignorant les outrages du temps, m’a tenu à bout de bras, puis contre elle. Je me balançais, je virevoltais, je…revivais.

Soudain, je l’entendis s’exclamer : "Mais tu sens le parfum de Mamie, toi ! Waouh, elle t’a parfumé au n°5 ! Sacrée Mamie !"
Elle s’est mise à me humer, délicatement : "Hummm, tu sens bon le savon à la rose, toi, et l’eau de Cologne, et le parfum de Mamie, et son tabac qu’elle cachait et, oh là là, comme tu sens bon le cuir ancien…j’adoooooooooooore. Je t’adoooooooooooooore !"

Le temps a passé, j’ai vécu une deuxième jeunesse avec elle. Ses amies m’admiraient, ne se gênaient pas pour me toucher ou me renifler, ce qui est un peu gênant pour un vieux Monsieur, mais…cela leur faisait plaisir, visiblement, et je me laissais faire de bonne grâce.

Un jour, nous sommes entrés chez C. Sur une table, un flacon de parfum, parmi tant d’autres, a attiré son regard. Elle en a ôté le bouchon et, le sentant délicatement, a répondu à la vendeuse qui s’empressait auprès d’elle : "Mais je n’ai pas besoin de ce parfum, je le porte depuis longtemps, tous les jours !"
"Oh, vous connaissez Cuir de Russie ? L’ancien alors ? Non, vous êtes trop jeune !", ce à quoi elle déclara, me serrant contre elle : "Oui, un ancien, très ancien, une création spéciale pour ma grand-mère".
La vendeuse n’a pas eu l’air de comprendre…Elle, cela l’a fait rire.

Depuis, nous poursuivons notre vie, je suis toujours pendu à son bras.
Elle m’appelle "mon Cuir de Mamie", et je me fais un devoir de l’accompagner fièrement !

Confessions d’un sac à main, septembre 2010.




  VDD  

16 sept. 2010

Baisers maternels, baisers enfantins



"Un enfant, même en dormant, connaît sa mère ;
Il en reçoit, sans s'éveiller, les soins et les baisers.
"
Honoré de Balzac 

Le baiser, Auguste Toulmouche

A kiss for Baby Anne, Mary Cassat 

Le baiser maternel, Mary Cassat

Le baiser, William Adolphe Bouguereau

Eau forte d' E.A.Champollion d'après Fragonard

Les trois âges de la vie (détail), Gustav Klimt

La Vierge à l'Enfant, Laurent de la Hyre, 1642


10 sept. 2010

Baisers de cinéma


Scène finale de Cinema Paradiso, un magnifique film avec
Philippe Noiret et Jacques Perrin.
Elle m'émeut aux larmes, me fait sourire aussi...

Pour qui ne connaîtrait pas le film :
Dans les années 40, Salvatore, dit "Toto",
incarné adulte par Jacques Perrin,
se lie d'amitié avec Alfredo,
projectionniste dans une petite salle de cinéma de Sicile.
Un projectionniste qui faisait des coupes franches dans les pellicules,
avant de les projeter.
Voici ces chutes...




5 sept. 2010

Bohêmiennes...


"Je vous parle d'un temps 
que les moins de vingt ans...
La Bohème, la Bohème..."
Charles Aznavour 


Quand la Bohême et les Bohêmiennes 
faisaient partie de l'ART, 
il y a longtemps, 
dans un monde ouvert à toutes les cultures...
 


Jeunes Bohêmiennes, Bouguereau
La Bohêmienne. 1890. Bouguereau

Bohémiens en Voyage

La tribu prophétique aux prunelles ardentes
Hier s'est mise en route, emportant ses petits
Sur son dos, ou livrant à leurs fiers appétits
Le trésor toujours prêt des mamelles pendantes.

Les hommes vont à pied sous leurs armes luisantes
Le long des chariots où les leurs sont blottis,
Promenant sur le ciel des yeux appesantis
Par le morne regret des chimères absentes.

Du fond de son réduit sablonneux, le grillon,
Les regardant passer, redouble sa chanson;
Cybèle, qui les aime, augmente ses verdures,

Fait couler le rocher et fleurir le désert
Devant ces voyageurs, pour lesquels est ouvert
L'empire familier des ténèbres futures.

Baudelaire, les Fleurs du Mal


Les roulottes, campement de bohémiens. Van Gogh

La Bohémienne, Modigliani



"L'Amour est enfant de Bohême, 
Il n'a jamais, jamais connu de loi"
Carmen, Georges Bizet



4 sept. 2010

Tristesse...



Sarah Bernhardt
Pierrot dans la pantomime «Pierrot Assassin»
Nadar, 1883


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