10 févr. 2011

Sütlaç, mon dessert turc préféré


Quand l'hiver n'en finit pas... rien de tel qu'une douceur onctueuse 
pour se réconforter !

Je vous propose aujourd'hui sütlaç (prononcer "sutlatche"),
  le riz au lait "à la turque", 
un dessert très populaire, 
du chariot du vendeur ambulant jusqu'à la table du restaurant, 
en passant par les nombreuses recettes "maison".



 Ingrédients :
 - 1 litre de lait
- 2 verres d'eau
- 50 à 75 g de riz blanc rond, selon la consistance désirée
- 75 g de farine de riz ou de fécule de blé
- 250 g de sucre en poudre
- 1 sachet de sucre vanillé
- 2 jaunes d'oeuf

Laver et égoutter le riz, le faire cuire dans deux tasses d'eau jusqu'à ce qu'il soit tendre ( il doit rester un peu d'eau)

Faire bouillir le lait avec une pincée de sel, ajouter le sucre, le sucre vanillé, le riz cuit non égoutté. Laisser cuire environ 20 minutes.
Dans un bol, ajouter quelques cuillers à soupe du mélange à deux jaunes d'oeuf, délicatement, pour ne pas les cuire, puis verser le tout dans le lait sucré.
Délayer la farine de riz dans un verre d'eau, et ajouter à la préparation.

Porter le tout de nouveau à ébullition,  laisser cuire et épaissir  quelques minutes en mélangeant constamment.

Verser la préparation dans 4 ramequins allant au four, les disposer dans un grand plat rempli d'eau jusqu'à mi-hauteur des ramequins.

Enfourner à 180-200 degrés pendant 30 à 40 minutes, jusqu'à ce que le dessus soit bien doré.

Laissez refroidir et...
"afiyet olsun !" 
(bon appétit !)



7 févr. 2011

Nasreddin Hodja est de retour !




Nasreddin Hodja et le savant

Djeha-Hodja Nasreddin avait un bac qu'il utilisait pour faire traverser la rivière aux gens. Un jour son passager fut un savant décidé à tester le savoir de Djeha-Hodja Nasreddin et à lui donner une leçon.
- Dites-moi, Djeha-Hodja Nasreddin, comment orthographiez-vous le mot "magnificence" ?
- Je ne sais pas, dit Djeha-Hodja Nasreddin en continuant de ramer.
- Combien font deux tiers de neuf ?
- Aucune idée.
- Comment calcule t-on la surface d'un triangle ?
- Pas la moindre idée.
- Vous n'avez donc pas appris tout cela à l'école ?
- Non !
- Dans ce cas, la moitié de votre vie est perdue.


À ce moment même, une terrible tempête survint et la barque commença à couler. Les deux hommes se retrouvèrent à l'eau, assez loin l'un de l'autre.
- Dites-moi, Monsieur le savant, dit Djeha-Hodja Nasreddin. Avez-vous appris à nager ?
- Non, jamais ! dit le savant qui se débattait pour ne pas se noyer.
- Dans ce cas, lui cria Djeha-Hodja Nasreddin, ce n'est pas la moitié, mais c'est votre vie entière qui est perdue.



Nasreddin, son fils et l'âne

Djeha-Hoja dit un jour à son fils, alors qu’il atteignait sa douzième année :
- Demain, tu viendras avec moi au marché.


Tôt le matin, ils quittèrent la maison. Djeha-Hoja s’installa sur le dos de l’âne, son fils marchant à côté de lui. A l’entrée de la place du marché, Djeha-Hoja et de son fils furent l’objet de railleries acerbes :
- Regardez-moi cet homme, il n’a aucune pitié ! Il est confortablement assis sur le dos de son âne et il laisse son jeune fils marcher à pied.
Djeha-Hoja dit à son fils :
- As-tu bien entendu ? Demain, tu viendras encore avec moi au marché !


Le deuxième jour, Djeha-Hoja et son fils firent le contraire de la veille : le fils monta sur le dos de l’âne et Djeha-Hoja marcha à côté de lui. A l’entrée de la place, les mêmes hommes étaient là, qui s’écrièrent :
- Regardez cet enfant, il n’a aucune éducation, aucun respect envers ses parents. Il est assis tranquillement sur le dos de l’âne, alors que son père, le pauvre vieux, est obligé de marcher à pied !
Djeha-Hoja dit à son fils :
- As-tu bien entendu ? Demain, tu viendras de nouveau avec moi au marché !


Le troisième jour, Djeha-Hoja et son fils sortirent de la maison à pied en tirant l’âne derrière eux, et c’est ainsi qu’ils arrivèrent sur la place. Les hommes se moquèrent d’eux :
- Regardez ces deux idiots, ils ont un âne et ils n’en profitent même pas. Ils marchent à pied sans savoir que l’âne est fait pour porter des hommes.
Djeha-Hoja dit à son fils :
- As-tu bien entendu ? Demain, tu viendras avec moi au marché !


Le quatrième jour, quand Djeha-Hoja et son fils quittèrent la maison, ils étaient tous  deux juchés sur le dos de l’âne.
A l’entrée de la place, les hommes laissèrent éclater leur indignation :
- Regardez ces deux-là, ils n’ont aucune pitié pour cette pauvre bête !
Djeha-Hoja dit à son fils :
- As-tu bien entendu ? Demain, tu viendras avec moi au marché !


Le cinquième jour, Djeha-Hoja et son fils arrivèrent au marché portant l’âne sur leurs épaules. Les hommes éclatèrent de rire :
- Regardez ces deux fous, il faut les enfermer. Ce sont eux qui portent l’âne au lieu de monter sur son dos.


Et Djeha-Hoja dit à son fils :
- As-tu bien entendu ? Quoi que tu fasses dans ta vie, les gens trouveront toujours à redire et à critiquer.

31 janv. 2011

Monsieur John Barry





John Barry s'en est allé faire de la musique avec les Anges...
Je n'ai pas pour habitude de faire des nécrologies, alors, tout simplement, 
écoutons quelques unes de ses musiques qui nous ont fait 
rêver, rire et pleurer, 
en accompagnement de films et séries.

 James Bond, bien entendu.
Il a fait du thème initial de Monty Norman un morceau inoubliable :




Un thème non moins inoubliable :




Amicalement vôtre, 
souvenirs d'enfance, mais pas seulement...






Out of Africa, de l'émotion pure. 
Quand images et musique
se répondent à la perfection :



26 janv. 2011

Parisienne, Yves Saint-Laurent





Caban YSL. 1962

C'est bien la petite soeur de Paris !
Une petite soeur espiègle, fraîche, pétillante.
Une petite soeur qui joue les grandes, pour ressembler à sa soeur Paris (pas Hilton, n'est ce pas ? Du moins, ne le lui souhaitons pas !)

La fragrance rose violette de Paris est là, mais mêlée de mûre, qui la dynamise sans la sucrer à l'excès, lui donne du pep's. Une mûre contrebalancée par la verdeur de la pivoine, ce qui évite le côté sirop de fruits de bien des jus actuels.
Puis la fragrance s'assourdit, pour révéler le bouquet floral, où la rose domine, une rose moins veloutée que dans Paris, tout en étant suave. La violette est là, en pointillés, pour rappeler la parenté.
Les notes s'alanguissent sur un fond de santal et de musc, qui lui donnent une belle assise et un sillage très "Paris". Mais c'est sans compter sur le vétiver qui vient réveiller l'ensemble, rappelant dans une ultime pirouette que Parisienne pétille de son dynamisme.

Coupe de champagne et marshmallows...

Parisienne, quand elle sera grande, portera Paris !!! C'est sûr !
En attendant, c'est sa grande soeur qui risque fort de lui emprunter son parfum. "Par erreur", dira-t-elle : "les flacons se ressemblent tant" !!!

Un joli parfum, moderne et classe à la fois. "So French", il fera de chacune une Parisienne.
La Parisienne mutine de Kiraz ! 


Longue silhouette sexy sur visage juvénile, elle fait claquer ses talons aiguille sur les pavés, mais s'empêtre parfois ses si longues jambes, ce qui la fait rire, de ce rire cristallin et enfantin.
A la fois mode et intemporelle, candide et glamour, vive et drôle, elle incarne LA Parisienne.
Une parisienne qui, sous ses airs de femme libre, rêve du prince charmant. Qui porte des robes noires vertigineuses tout en regrettant ses jupes plissées roses.


Par contre, une fois de plus, je n'accroche pas du tout au spot publicitaire, ou plutôt au message véhiculé.
Kate Moss, toujours magnifique, classe et distante juste ce qu'il faut, est trop...hummm...vénéneuse pour ce jus. Plus absinthe que grenadine.

Ou serait-ce un décalage voulu entre l'apparente ingénuité du parfum et la Parisienne imprévisible ?


 VDD  

22 janv. 2011

Bouquet de violettes



Manet, Bouquet de violettes

A une violette

De nos pensers muets odorant interprète,
Fleur de ma bien-aimée, ô douce violette,
Fleur chère à nos amours et non moins qu’eux discrète,
Va trouver ma Rêveuse au front pâle et charmant,
Va parfumer son sein de ton souffle embaumant,
Va mourir sur son cœur, ô fleur que je respire !
Dans tes chastes senteurs qu’un peu de moi transpire :
Dis-lui bien..., dis-lui tout ce que je ne sais dire
Ni ne sais taire entièrement.

Auguste Lacaussade


Mary Vaux Walcott
 William Curtis's Botanical Magazine

 Edgar-Maxence
Jeune fille au bouquet de violettes


 Ebru
Papier marbré turc
 
 Magritte
Le chant de la violette





12 janv. 2011

Lady Million, Paco Rabanne





"Mais si, tu la connais, Lady Million !

Elle est trop belle ! Bon, au début, avec ses cheveux, on dirait Barbie coiffée par ma petite soeur.
En plus, elle a un truc : elle claque des doigts quand elle veut quelque chose, elle doit se prendre pour Mary Poppins, ou Joséphine Ange Gardien. Elle est marrante. Mais ça marche !!!
Tu vois qui ? Mon frère, il dit qu’elle est aussi bling-bling que Roma Carlton* avec ses robes à paillettes et son air nunuche.
Oui, mais quand même, à la fin, elle sort avec le type de One Million, il est trooooooooooop craquant, lui. Et son parfum trop top, en forme de lingot d’or !
Mon frère, il les appelle Barbie-et-Ken-font-clac-clac. Pfff…

Et le flacon de Lady Million, tu l’as vu ? Il est trooooooooop beau. Un diamant tout doré, trop classe.

Ma copine Cindy, elle l’a eu, tu verrais, quand elle sort le gros Diams de son sac Guc-tton**, çà le fait ! Elles bavaient toutes, au bahut.
Moi, j’ai eu le droit d’en mettre, de son parfum.

Il sent trooooooooop bon. Je sais pas bien te dire quoi, mais un truc qui fait "femme", au moins…16 ans, c’est pas du Nivea Baby, çà !

Quand je suis rentrée, je te dis pas, à la maison !

Ma mère : "T’as encore essayé tous les nouveaux trucs de la parfumerie en même temps. C’est quoi ce mélange lourdingue ? Bouh que c’est écoeurant ! Et c’est plein de patchouli ! Ma migraiiiiiiiiiiine !"

Bien sûr, ma mère, elle met un parfum d’il y a au moins des années, qui sent la rose, y a pas une de mes copines qui le connaît. Ma mère dit que c’est un parfum "classique".

Ma petite sœur : "Ooooh ! ça sent troooooooooop bon, comme quand Mamie elle met son parfum. Pareil."
Elle est mignonne, mais elle a cinq ans. Et ma mère, elle dit que Mamie se renverse un flacon par jour sur la tête ! Et que c’est pas distingué, surtout que ses parfums sont pas discrets. Enfin, selon ma mère. Moi, j’aime bien le Giorgio de Mamie, et tiens, Lady Million, çà ressemble un peu.

Mon frère : "Pouah ! On te suit à la trace ! J’préfère pas imaginer si y en a une qui m’colle avec c’t’horreur ! Grillé, le mec ! D’ailleurs, moi, j’approche pas une meuf qui cocotte ce truc."

Là, c’est louche, mon père, ça l’a intéressé : "Cool, ce parfum, vite, un flacon, chérie ! Et plus besoin de greffer de puce anti-vol ni d’acheter de ceinture de chasteté aux filles."

Mon frère et lui, ils ont gloussé pendant au moins cinq minutes, j’ai pas bien compris. Mais du coup, j’ai pas dit que j’en voulais un aussi, de flacon. Danger, là. J'ai du flair !

Mon père, il a rajouté : "Bizarre, on dirait le parfum de Madame Frifri". 
Madame Frifri, c’est la poissonnière.
Mon frère et lui, ils ont re-gloussé. Ma mère, çà l’a pas fait rire. Oui, parce que Madame Frifri, elle est "vulgaire", comme dit ma mère, juste parce que Madame Frifri met du maquillage de toutes les couleurs, des tas de parfums, et plein de fringues de marques trop top.
Elle est cool pour une vieille comme ma mère***.
Mais ma mère, elle dit que tous ces mélanges d’odeurs, plus l’odeur de la marée, çà lui colle sa migraiiiiiiiiiiiiiine !

Le soir, on a revu la pub à la télé, et là j’ai pensé que j’allais enfin pouvoir dire que je voudrais bien un flacon…
Mais ma mère a lâché : "rien qu’a voir la pub, tu devines le truc passe-partout, superficiel, je prends tout ce qui est à la mode, des fleurs, des fruits, du sucre, je mélange, et clac : un nouveau parfum ! Tiens, moi aussi je sais le faire ! Clac !"
Là-dessus,  mon père, qui fait son philosophe savant : 
"Quand j’y pense, le Paco, il en avait une super, de Lady Million ! Belle, classe, et qui portait bien ses robes, elle. Il aurait mieux fait d’y penser, il aurait eu un parfum en or, un vrai."
 

Il a dit que c’était Françoise Hardy. Tu connais ?
Il paraît que c’est la mère de Thomas Dutronc et qu’elle était chanteuse, quand mes parents étaient petits.
 
Et mon père, le mot de la fin qui tue, sur la fille de la pub : 
  
"Parce que là, sa Lady Million, c’est plutôt Lady Centimes !"
 .
 .
 .
Chuis dég’ !"
Julia, bientôt 12 ans, janvier 2011



 * Roma Carlton : toute ressemblance constatée avec une personne connue, bla bla bla...montrerait que vous vous y connaissez en people ! 
** Là encore, toute ressemblance avec des marques bla bla bla...vous connaissez la suite
*** NDLR : vieille de 40 ans maximum

 

Pour s'entraîner à faire "clac"...on ne sait jamais ! :-)


VDD 
  

9 janv. 2011

Les Roses de Saadi


 Flabellifera
John William Godward

J'ai voulu ce matin te rapporter des roses;
Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les nœuds trop serrés n'ont pu les contenir.

Les nœuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées.
Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir;

La vague en a paru rouge et comme enflammée.
Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée...
Respires-en sur moi l'odorant souvenir.

Marceline Desbordes-Valmore

Vue aérienne de la palmeraie Bou Saada, détail
Etienne Dinet

 An offering to Venus
John William Godward


28 déc. 2010

J't'ai dans la peau, Bono !


Un petit plaisir de fin d'année :

Bono sans sa bande mais avec...Frankie, "The Voice".
Rien que çà !

Toujours hyp(Bo)notisée par le premier, 
et très admirative du second,
je vous en souhaite :

Bonne écoute !







22 déc. 2010

Après l'Ondée, Guerlain



 Claude Monet. Le jardin de l'artiste à Giverny

Après l'Ondée m'évoque un tableau impressionniste.
Les petites touches de Monet peignant inlassablement son jardin de Giverny...
Ce parfum m'emplit avant tout de la sérénité ressentie à la contemplation de ses tableaux.

C'est un parfum en petits points, les fleurs s'entremêlent, se répondent, se complètent. La symphonie des fleurs jouée en sourdine, des notes égrénées doucement, empreintes d'une certaine bienheureuse nostalgie.

La première fois que je l'ai senti, sur mouillette, après la violette, modeste, je n'ai hélas retenu que de l'anis et de l'oeillet (que je ne supporte ni l'un ni l'autre), à plein nez, avant que la tenue défaillante n'efface tout, trop rapidement...Le sentir sur papier ne lui rend pas hommage et le dessert totalement.
Mais il a continué à m'intriguer...

Après l'Ondée est un iris mouillé de perles de rosée, accompagné de la délicatesse des violettes à peine écloses, pas encore chauffées par le soleil...
La note anisée qui avait d'abord froissé mon nez est bien là, mais plus douce sur la peau, elle augure délicatement l'Heure Bleue, dont Après l'Ondée pourrait être une esquisse délicate, un pastel peut-être.

Le temps de se délecter de sa fraîcheur humide, de ses effluves de sous-bois, voilà que le bouquet se réchauffe : le soleil fait son oeuvre.
"Après la pluie, le beau temps", et Après l'Ondée se révèle, dans une tendre envolée de senteurs fleuries : une violette romantique et poudrée, un oeillet prudemment épicé, un mimosa crémeux, un iris joyeux, ni métallique ni terreux. Une vanille point délicatement, héliotrope et ambre percent doucement, annonçant une fois encore la future Heure Bleue, esquissant la fameuse guerlinade.

Certes, Après l'Ondée, l'atmosphère se réchauffe...mais dans une évanescence poudrée, une embrassée riche de senteurs, qui pourtant demeure diaphane, cristalline.

Après l'Ondée, c'est la danse d'abord timide des faunes et des fées des jardins, qui se transforme en une joyeuse mais discrète sarabande.
C'est marcher pieds nus dans la rosée d'un matin lumineux et parfumé.
C'est un moment doucement heureux, comme dans un temps pour un instant suspendu.

C'est une partie de campagne, en un autre siècle, quand les dames en robes vaporeuses prenaient le soleil à l'ombre des chapeaux à voilette, protégées par de jolies ombrelles aux teintes pastel.
Des dames poudrées, parfumées, tout en retenue, tout en discrétion...

Encore des tableaux...Monet, toujours.

Nostalgie d'un temps passé...


Claude Monet. Femmes au jardin


  Flacon d'hier, flacon d'aujourd'hui...


VDD  
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